Seul avec la nuit, Christian Blanchard

Seul avec la nuit
Christian Blanchard
Éditions Belfond

Quatrième de couverture

Que sommes-nous réellement prêts à faire pour sauver nos proches ?

Cette question, Éric de la Boissière se la pose tous les jours. Sa fille, Élodie, est atteinte d’une grave maladie rénale. Du fait de son groupe sanguin, ses chances de recevoir une greffe sont quasi nulles. Mais avec beaucoup d’argent… Élodie doit pouvoir être soignée, pense Éric. Dirigeant d’un établissement financier, il a entendu parler de réseaux parallèles permettant d’obtenir un organe sain de donneurs volontaires.

Que sommes-nous prêts à sacrifier pour sauver nos proches ?

Cette question, Gilles Patrick ne se l’était jamais posée. Mais depuis quelques semaines, ce grand chirurgien ne dort plus. Tandis qu’un revolver est braqué sur la tempe de son épouse et de sa fille, un groupe d’hommes le contraint à pratiquer de lourdes opérations sur de jeunes patients pourtant en pleine santé. Les circonstances ont beau être différentes, la raison qui a fait basculer ces deux hommes dans un autre monde est la même. Et si la volonté de sauver un proche n’était pas une raison suffisante ? D’une noirceur abyssale, le nouveau roman de Christian Blanchard explore les âmes compromises et pousse ses personnages, comme le lecteur, dans leurs pires retranchements.

Christian Blanchard vit en Bretagne. Il a travaillé durant vingt-cinq ans au sein d’une institution publique avant de se consacrer à l’écriture. Il est notamment l’auteur d’Iboga (Belfond, 2018) et de La mer qui prend l’homme (2018).

Mon avis

Nous suivons, en alternance le destin de plusieurs personnages. Il s’agit d’une jeune fille qui a quitté l’Afrique, en voyageant sous les cadavres d’autres migrants, un chirurgien forcé de faire des opérations contre-nature pour garder en vie sa fille et son épouse, deux jeunes garçons mutilés au sens propre et au sens figuré, une jeune fille perdue recueillie par un vieil homme qui n’attend plus rien de la vie et un homme prêt à tout pour sauver sa fille.

Ce qui relie tous les protagonistes, c’est l’horreur, c’est l’exploitation humaine dans toute son abjection, ce sont des actes inimaginables. Alors que je croyais avoir lu le summum des atrocités et des trafics insoutenables, les chapitres suivants me détrompaient. Pour ces raisons, Seul avec la nuit est difficile à lire. Et pourtant, il est impossible de le lâcher, car l’attachement aux enfants et au vieillard est grand. Je n’ai pu qu’admirer leur courage, leur envie de s’échapper, leur intelligence et leur débrouillardise. Ils apportent de la lumière dans ces trafics d’êtres humains.

Seul avec la nuit est construit comme une toile d’araignée. Ces histoires parallèles sont reliées entre elles et les points communs sont dévoilés avec parcimonie jusqu’au final.

Ce livre est un choc, il remue les tripes et provoque des prises de conscience sur la misère que nous croisons, malheureusement, tous les jours : la prostitution, les enfants forcés de mendier avec des stratagèmes effroyables pour attirer la compassion, les conditions de vie des migrants et leur récupération par des personnes machiavéliques. Il dénonce également le trafic d’organes. Il pose aussi la question de ceux que l’on est prêt à faire pour sauver ceux qu’on aime. Il oppose l’éthique et la volonté de sauver les siens. C’est un récit bouleversant par sa noirceur.

Je remercie sincèrement NetGalleyFrance et les Éditions Belfond pour ce service presse.

4 commentaires

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