Rubiel e(s)t moi, Vincent Lahouze

Rubiel e(s)t moi

Vincent Lahouze

Éditions Michel Lafon

Quatrième de couverture

« Si je devais me souvenir d’une chose, d’une seule chose, ce serait la vision des murs gris de l’Orphelinat du Bienestar de Medellin et des portes qui claquaient lorsque nous courions dans les couloirs, le bruit sourd de mes pieds nus sur le parquet de bois délavé et poussiéreux. Oui, d’aussi loin que je me souvienne, la couleur n’existait pas.

Je suis né en Colombie, à la fin de l’année 1987, mais je n’ai commencé à vivre qu’en 1991. »

Mon avis

Rubiel a été adopté à l’âge de quatre ans, dans un orphelinat en Colombie. Il dit qu’il a commencé à vivre ce jour-là. Mais quelle vie aurait-il eue s’il était resté à Medellin ? Comment se construire lorsque l’on change de pays, de prénom, de place dans une fratrie ?

Ce livre est le rapprochement de ces deux enfants : celui que Rubiel aurait pu être et celui que Vincent est.

Il est difficile de grandir dans un pays étranger, sans repères, en étant différent. Certains passages dans le milieu scolaire m’ont sidérée par leur violence psychologique. C’est vrai, l’adoption est un acte merveilleux, mais il n’est pas facile de concilier la vie d’avant et la nouvelle. Cela peut provoquer un déchirement. Il semblerait que Vincent Lahouze ait écrit ce roman pour réconcilier les deux enfants en lui, et l’aider dans sa recherche d’identité.

De plus, en partant pour la France, le petit garçon a laissé des copains, en Colombie, ceux qui n’ont pas eu la chance d’être « choisis ». Par cet exutoire, l’auteur décrit la vie que mènent certains de ces petits bouts dans la rue. La violence, les armes, les narco-trafiquants, la survie, les gangs, les petits emplois, etc. font partie du quotidien de ces enfants. Avec nos yeux d’Européens, il est difficile de les imaginer livrés à eux-mêmes et les solutions qui s’offrent à eux pour rester en vie. On ne ressort pas indemne après avoir lu un tel vécu.

Un parallèle est fait entre les étapes que franchit Vincent, au fur et à mesure qu’il grandit, et la manière qu’il les auraient vécues s’il avait habité dans la rue. Évidemment, en Colombie, les épreuves sont très difficiles, d’une grande violence.

Cependant, malgré la dureté de la vie de Rubiel, l’enfant des rues, l’écriture est très pudique, certains passages sont emplis de poésie. J’ai été aussi emportée par le texte que Vincent écrit aux enfants qu’il n’a pas.

Conclusion

Je cite Vincent Lahouze : « Ce livre est une autobiographie fictive, avec des bouts de réel. Ce livre est la quête de l’apaisement, son apprivoisement, enfin. » J’ai la sensation que c’est la réconciliation entre Rubiel et Vincent, afin de devenir, enfin, l’être unique qu’il est, l’enfant colombien, orphelin, et l’enfant français, entouré de parents aimants. Rubiel est Vincent et Vincent est Rubiel. Ce roman d’une très grande sincérité est très touchant.

 

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